62 % des Français pensent que le mouvement lycéen est justifié, selon un sondage Odoxa

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16h58

L’équipe enseignante du lycée Mozart, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) dénoncent, dans un long communiqué, les provocations policières qui ont fait dégénérer la situation, alors que les élèves organisaient un blocus à 8 heures du matin, dans un “climat calme et festif, en présence de parents d’élèves, élus et syndicalistes“.

Mais vers 9 h 30, « à deux pas du lycée, un élève a été percuté intentionnellement par un agent de la police municipale à moto, puis frappé au sol, devant de nombreux témoins. » Les agents de la police nationale, présents sur les lieux, ont “interpellé le jeune, gazé et matraqué les témoins de la scène”.

Contre la révolte lycéenne et étudiante, une répression insoutenable

Ce qui a bien entendu “déclenché une vague de colère et des affrontements avec les forces de l’ordre pendant près d’une heure et demie aux abords de l’établissement”.

L’affaire ne s’arrête pas là : “Vers midi, les élèves ont voulu se rassembler pacifiquement devant le lycée, mais une violente charge de CRS est venue les disperser à coup de matraque et de gaz.” Les enseignants venus pour protéger les éleèves “ont été matraqués et invectivés par les forces de l’ordre”.

Une illustration terrible de la seule réponse du gouvernement et “une escalade répressive (qui) est la même que dans de nombreux autres lycées”, pointent les enseignants.

16h37

Les académies de Nice et Bordeaux ont annoncé des rencontres avec des représentants lycéens mobilisés, ont annoncé les rectorats sur leur compte X. A Nice, le recteur Emmanuel Roux a réuni des lycéens pour échanger sur les emplois du temps, l’état des bâtiments scolaires, l’orientation et le dialogue au sein des établissements. Les conseils de la vie lycéenne doivent être réunis dès lundi. Le rectorat précise par ailleurs que les cours ont été assurés à distance vendredi dans une vingtaine de lycées de l’académie.

« Les vies scolaires sont asphyxiées par le manque de moyens » : précarité, bas salaires, manque d’effectifs… Pourquoi les surveillants de collèges et lycées sont en grève

A Bordeaux, la préfète de région Sophie Brocas, le recteur Jean-Marc Huart et le vice-président du conseil régional Jean-Louis Nembrini ont rencontré des élus lycéens afin d’entendre leurs préoccupations.

16h18
Témoignage

Beaucoup de lycéens se sont rassemblés autour du lycée Jacques-Decour, dans le IXe arrondissement parisien, venus des établissements voisins, notamment de Jules-Ferry, dont le blocus a été levé ce matin, et de Chaptal.

Ava, 14 ans, était au blocus de Jules-Ferry : « Ils ont commencé à nous gazer ce matin à Ferry, donc on est venus soutenir Decour, parce que les lycées sont vraiment dans un état minable. Moi, il y a un policier qui m’a mis une balayette alors que je ne faisais que courir. Ils m’ont aussi pris mes affaires, mon sac à dos. »

Joëlle 70 ans, habite le quartier. Elle soutient les lycéens : « Les jeunes ont des choses à demander. Ils sont pacifistes. Il n’y a aucune raison qu’on casse les gamins. Moi, ça me rend malade. »

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15h21

“Toutes et tous concernés !” Dans un communiqué, la CGT appelle les salariés à se joindre aux manifestations prévues le 6 octobre, qu’il s’agisse de soutien au mouvement lycéen et étudiant, mais aussi de la grève des salariés de l’énergie également prévue ce jour-là.

“Comme elle le fait déjà devant les établissements, la CGT sera aux côtés des lycéen.nes, étudiat.es et personnels de l’éducation mobilisés”, indique le syndicat. Concrètement, la confédération appelle ses organisations à “mettre à leur disposition (lycéens et étudiants, NDLR) les moyens nécessaires pour s’organiser, notamment en ouvrant les bourses du travail et les maisons du peuple”.

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La CGT revient également sur “le choix de la violence fait par le gouvernement”, dénonçant une “violente répression d’une ampleur sans précédent”, et appelle les autorités à “y mettre un terme immédiat”.

14h30
C’est un scandale

Ce jeudi 1er octobre, le sénateur communiste Pascal Savoldelli s’est vu refuser son droit de visite parlementaire auprès d’un lycéen de 15 ans placé en garde à vue au commissariat de Vitry-sur-Seine.

L’article 719 du Code de procédure pénale est pourtant clair : les parlementaires peuvent visiter, sans autorisation préalable, les lieux de privation de liberté, y compris les lieux de garde à vue. Or, pendant plusieurs heures, Pascal Savoldelli s’est « heurté à des refus de communication d’informations malgré (ses) appels répétés au commissariat de Vitry-sur-Seine », écrit le sénateur sur Facebook. Pendant ce temps, les amis et la famille de l’adolescent, membre des Jeunes Communistes (MJCF), sont restés sans nouvelles. Sa mère, inquiète pour sa santé en raison de ses problèmes respiratoires, demandait à pouvoir lui transmettre de la Ventoline.

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Après de nombreux appels, le communiste s’est rendu sur place. Sauf qu’après une heure d’attente à Vitry-sur-Seine, le Commissariat lui annonce que le jeune homme est en réalité à Villejuif. « Pas une seule fois, cette information ne m’avait été transmise lors des différents échanges téléphoniques, y compris lorsque j’ai annoncé me rendre à Vitry-sur-Seine, me faisant diriger sciemment dans un commissariat où les travaux en cours sur le bâti ne permettent pas de pouvoir recevoir des gardes à vue », écrit Pascal Savoldelli.

Une fois à Villejuif, le sénateur communiste a enfin pu rencontrer le jeune mineur, qui n’avait pas vu de médecin depuis le début de sa garde à vue à 11 heures, malgré sa demande. Il a finalement pu en programmer une à 23 heures.

Pascal Savoldelli a alors écrit au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour demander des explications.

A-T-ON VOULU ENTRAVER MON DROIT DE VISITE PARLEMENTAIRE ?

Suite à la garde à vue d’un Jeune Communiste de Vitry âgé de 15 ans, je demande des explications au Ministre de l’Intérieur. pic.twitter.com/fL8MAiLg05

14h00

Manque de personnels, bâti vétuste, trop d’élèves par classe, manque d’enseignants, emplois du temps intenables, poursuite d’études entravée… Face au triste constat d’un service public d’Éducation à l’os, le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU soutiennent les revendications des lycéens et appellent à la grève le 6 octobre au même titre que la CGT, FO et Solidaires.

« Les revendications des élèves témoignent des conditions d’études déplorables en raison des choix budgétaires et politiques imposés par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron, écrivent le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU dans un communiqué. Les élèves mobilisés veulent aussi l’égalité et l’émancipation par la connaissance et l’esprit critique, conscients que les réformes macronistes ont tourné le dos aux principes de l’Ecole de la République ».

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Parce que les élèves réclament plus d’égalité et de justice sociale, le gouvernement fait le choix de répondre par la force et la répression policière. « C’est inacceptable ! Cette répression doit cesser », poursuivent les syndicats qui estiment que la réponse disproportionnée de la police abîme davantage la confiance de la jeunesse envers les institutions. « C’est donc aussi la confiance dans la démocratie qui est abîmée. Ce gouvernement et le Président de la République en sont comptables. » Pour les syndicats, le gouvernement doit apporter des réponses budgétaires rapides, la « seule voie de la sortie de crise ».

Les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés à se mobiliser ce vendredi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé l’interdiction de manifester autour des 400 établissements annoncés fermés en raison du lock-out orchestré par le gouvernement via des cours en distanciel soumis à des contrôles d’assiduité.

L’exécutif tente par tous les moyens, en particulier une violente répression policière, d’étouffer dans l’œuf le mouvement qui a encore pris de l’ampleur jeudi. Après les 338 établissements mobilisés mardi, les 356 mercredi, ce sont « 1 027 établissements », sur environ 3 700 lycées en France, qui « ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Parti d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Et aussi l’enseignement supérieur avec une quarantaine de sites concernés jeudi à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre… L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne ont appelé à converger et à une journée de manifestations communes le mardi 6 octobre.

Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Le ministre Laurent Nuñez dénonce en boucle « une violence débridée » et avance le chiffre de 300 policiers et gendarmes blessés tandis que les cas documentés de violences contre les élèves se multiplient avec déjà 3 enquêtes ouvertes par l’IGPN et la saisie du Défenseur des droits. 65 personnels de l’Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, a également recensé le ministère.

Les seules autres réponses apportées pour l’heure oscillent entre pseudo-concertation et le retrait d’une mesure annoncée seulement quelques heures plus tôt. Les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires prévus dans le budget 2027 présentés jeudi matin et dont la suppression a été annoncée au 20 heures par le ministre de l’Éducation. Surcharges des classes, profs non remplacés, établissements dégradés… autant de revendications que les élèves devraient remettre sur la table ce vendredi.

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Fonte: L'Humanité

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