Le syndicat de la magistrature appelle à cesser « de réprimer la jeunesse pour la faire taire »
L'Humanité
En ce moment
Direct en cours
L’essentiel
L’essentiel
13h22
« Cessons de réprimer la jeunesse pour la faire taire », appelle ce vendredi 2 octobre le syndicat de la magistrature dans un communiqué que l’Humanité a pu consulter. Le gouvernement doit cesser sa réponse brutale au mouvement social des lycéens et écouter « leur colère face à l’état de délabrement du service public de l’éducation, qui les frappe de plein fouet et entrave leur avenir ».
Le syndicat de la magistrature dénonce le « gazage des élèves, les interpellations brutales et l’utilisation d’armes sublétales mutilantes comme les LBD ou les grenades explosives ». Il rappelle que 119 élèves ont été blessés et que l’IGPN a été saisi à de nombreuses reprises. « Aucune stratégie d’apaisement et de désescalade n’est avancée par le ministre de l’Intérieur », gronde le syndicat.
La répression policière s’abat contre les lycéens : au moins 3 affaires dans les mains de l’IGPN
Le ministère de la Justice a publié mardi dernier une dépêche ministérielle enjoignant les procureurs « à faire preuve de la plus grande fermeté » dans les cas de « participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou dégradations, ou de participation à une manifestation en étant porteur d’une arme ». Pour le syndicat de la magistrature, le ministère enjoint les parquets à faire primer le tout-répressif. « Il n’est à aucun moment envisagé, comme l’imposent la Constitution, les traités internationaux et la loi, de privilégier des réponses éducatives face aux infractions constatées », poursuit le communiqué.
13h02
Des photos et vidéos de syndicalistes protégeant les lycéens fusent sur les réseaux sociaux depuis le début des mobilisations. Hier, la CGT du Havre et de Poissy a effectué une chaîne humaine pour s’interposer entre élèves et policiers. Aujourd’hui, elle est aux côtés des élèves d’Hélène Boucher à Paris. À Bordeaux, la FO escorte les jeunes en manifestation ou aux alentours de leurs établissements comme au lycée du Barp.
12h47
Le mouvement lycéen et universitaire continue de prendre de l’ampleur. Le ministère de l’Éducation nationale vient d’annoncer que 564 établissements « ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée ».
De la classe au blocus : le réel de Camille, prof dans le 93
12h15
Pour le candidat Les Républicains à la présidentielle, les lycéens seraient « manipulés » par « les gauchistes », donc incapables de manifester par eux-mêmes. « Il y a une jeunesse qui veut mettre le feu. Elle est totalement instrumentalisée par les Insoumis », dénonce Bruno Retailleau ce midi sur BFMTV depuis La-Roche-sur-Foron en Haute-Savoie. Pour lui, « ce sont eux qui ont mis l’école en l’air avec l’idéologie post-soixante-huitarde ». Bruno Retailleau ose affirmer que le problème de l’éducation nationale aujourd’hui n’est pas liée aux « moyens, mais à l’autorité ».
“On est l’un des pays d’Europe qui dépense le plus en moyens”
Lycées: pour Bruno Retailleau, “ce n’est pas un problème de moyens, c’est d’abord un problème de méthode, d’autorité” #BFM2#BFM2 pic.twitter.com/LHuMMXQz1m
12h01
C’est un scandale
S’interposant entre policiers et lycéens, Jonathan Bruneau, conseiller communiste d’Orléans a été insulté, puis molesté par un policier ce jeudi 1er octobre. Le porte-parole du PCF, Ian Brossat a prévu d’utiliser l’article 40 afin de saisir l’Inspection générale de la police nationale. « Ce déchaînement de violences est inacceptable, dénonce le sénateur communiste. Si des policiers se comportent ainsi face à un élu de la République, on s’inquiète de la manière dont ils procèdent avec les lycéens ».
« Tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres » : à Orléans, un conseiller PCF insulté, poussé à terre et matraqué par un policier
D’autres élus se sont interposés ces derniers jours entre policiers et lycéens, comme Aurélien Le Coq à Lille, ou Paul Vannier, député LFI d’Argenteuil. Il a interpellé le procureur sur le fait qu’un individu s’est présenté face aux lycéens de Julie-Victoire Daubié à Argenteuil comme policier, mais sans moyens de l’identifier.
11h46
Les lycées de Montargis, En forêt et Jeannette Verdier, sont bloqués depuis ce matin. « Le coût de l’éducation se mesure en euros, celui de son abandon se mesure en génération », peut-on lire sur une pancarte. « Nos droits ne s’arrêtent pas à la porte du lycée », est-il marqué sur une autre.
Les élèves sont descendus dans les rues, ce vendredi 2 octobre, pour crier leur colère, en particulier contre le Rassemblement national, à la tête de la municipalité depuis six mois.
Les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés à se mobiliser ce vendredi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé l’interdiction de manifester autour des 400 établissements annoncés fermés en raison du lock-out orchestré par le gouvernement via des cours en distanciel soumis à des contrôles d’assiduité.
L’exécutif tente par tous les moyens, en particulier une violente répression policière, d’étouffer dans l’œuf le mouvement qui a encore pris de l’ampleur jeudi. Après les 338 établissements mobilisés mardi, les 356 mercredi, ce sont « 1 027 établissements », sur environ 3 700 lycées en France, qui « ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Parti d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Et aussi l’enseignement supérieur avec une quarantaine de sites concernés jeudi à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre… L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne ont appelé à converger et à une journée de manifestations communes le mardi 6 octobre.
Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Le ministre Laurent Nuñez dénonce en boucle « une violence débridée » et avance le chiffre de 300 policiers et gendarmes blessés tandis que les cas documentés de violences contre les élèves se multiplient avec déjà 3 enquêtes ouvertes par l’IGPN et la saisie du Défenseur des droits. 65 personnels de l’Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, a également recensé le ministère.
Les seules autres réponses apportées pour l’heure oscillent entre pseudo-concertation et le retrait d’une mesure annoncée seulement quelques heures plus tôt. Les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires prévus dans le budget 2027 présentés jeudi matin et dont la suppression a été annoncée au 20 heures par le ministre de l’Éducation. Surcharges des classes, profs non remplacés, établissements dégradés… autant de revendications que les élèves devraient remettre sur la table ce vendredi.
Pour en savoir plus :
Accueil
Articles les plus lus dans cette rubrique
« Tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres » : à Orléans, un conseiller PCF insulté, poussé à terre et matraqué par un policier
« Les jeunes ont toujours été une menace pour le pouvoir » : le sociologue Patrick Bruneteaux analyse la répression toujours plus dure du mouvement lycéen
« Il n’est pas censé lever son arme vers des lycéens » : à Clichy, les élèves du lycée René Auffray face aux violences policières
Articles les plus lus dans cette rubrique
« Tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres » : à Orléans, un conseiller PCF insulté, poussé à terre et matraqué par un policier
« Les jeunes ont toujours été une menace pour le pouvoir » : le sociologue Patrick Bruneteaux analyse la répression toujours plus dure du mouvement lycéen
« Il n’est pas censé lever son arme vers des lycéens » : à Clichy, les élèves du lycée René Auffray face aux violences policières
Nos Rubriques
Nos thèmes
Nos services
Fonte: L'Humanité