Un banc de cachalots et un voilier au fond de l’eau : quatre marins secourus après 18 heures passés au milieu du Pacifique
Por Libération ., AFP . — Libération
Les membres d’équipage du «Tai Tam», un yacht à voile de 16 mètres qui a coulé après une violente collision avec des cétacés, ont été retrouvés sains et saufs samedi 26 septembre à plus de 300 kilomètres de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.
Une croisière qui aurait pu mal se terminer. Quatre personnes ont raconté ce jeudi 1er octobre comment ils ont réchappé à une violente collision avec un banc de cachalots dans le sud du Pacifique. Les membres d’équipage du Tai Tam, un yacht à voile battant pavillon australien de 16 mètres de long, ont été secourus dimanche après dix-huit heures passées au milieu de l’océan, à 185 milles nautiques, soit 343 kilomètres, au sud-est de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.
Enquête
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D’après les informations de la chaîne 1re, les marins – deux Australiens, un Néo-Zélandais et un Français – revenaient d’un périple dans les Fidji et faisaient route vers la Nouvelle-Zélande au moment de l’impact. «Il y a eu un gros bruit sourd, le bateau a été poussé sur le côté», a raconté l’Australienne Jemma Cooper, projetée loin de la barre par la puissance de l’impact.
«Nous avons regardé à bâbord, a-t-elle dit, et il y en avait six à huit, un groupe de cachalots, et nous avons compris.» Le Néo-Zélandais Terry Hetherington a évoqué de son côté quatre ou cinq animaux, dont certains presque aussi longs que le voilier. Il n’a toutefois pas vu précisément lequel aurait été impliqué dans la collision.
Jeremy Cooper, le mari de Jemma, dormait sous le pont lorsque l’impact l’a réveillé. «J’ai vite compris que c’était très grave, a-t-il assuré. Tout le système de direction était fracassé à tribord, et une grande quantité d’eau entrait dans le bateau.» Le Français Martin Jaffré, menuisier et membre de l’équipage, a indiqué que la collision avait laissé «trois ou quatre trous» qui ont en outre «fissuré la fibre de la coque» et le choc «a cassé toute la direction».
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Une trentaine de minutes après la collision, survenue samedi à 13 heures, heure locale, ils ont activé une balise de détresse et «lancé un mayday complet», a ajouté le Néo-Zélandais. Une information confirmée par l’agence maritime de son pays, la Maritime NZ, citée par le quotidien The New Zeland Herald. Une alerte provenant d’une balise radio d’indication de position d’urgence a bien été reçue vers 13 heures, a indiqué Mike Clulow, responsable des opérations du Centre de coordination des sauvetages.
«Le bateau prenait l’eau et a commencé à couler après avoir signalé avoir heurté une baleine», a-t-il déclaré dans un communiqué de presse. «Le yacht affrontait des vagues allant jusqu’à 2 mètres et un avion P-8A Poseidon de la Royal New Zealand Air Force a été chargé de lui porter assistance», a déclaré le responsable néo-zélandais, qui ajoute que «plusieurs navires se trouvaient dans la zone et ont été déroutés pour porter assistance».
En attendant les secours, les quatre marins ont essayé de rester à bord de leur voilier de plaisance le plus longtemps possible, s’efforçant d’empêcher le moteur de s’encrasser et écopant à la main. Mais tard dans la nuit, ils ont finalement abandonné le bateau et ont gagné un radeau de survie, par mer calme et sous la pleine lune.
Aux premières heures dimanche matin, ils ont coupé l’amarre du yacht, craignant qu’il ne les entraîne vers le fond. Peu après, il a disparu sous les vagues. Arrivé sur les lieux vers 6 heures du matin, l’équipage du MV Sofrana Surville, un porte-conteneurs de 143 mètres, a secouru les marins, a relaté l’armée néo-zélandaise – soit environ dix-huit heures après leur funeste rencontre avec le banc de cachalots, dont l’état de santé après cette collision n’est pas connu.
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Le sauvetage a été «bien coordonné et exécuté», a affirmé Mike Clulow de la Maritime NZ, qui a exprimé sa gratitude envers le MV Sofrana Surville, navire battant pavillon maltais, ainsi qu’à celui d’un deuxième navire privé qui a participé à l’opération.
«L’équipage du yacht a fait tout ce qu’il fallait, et c’est malheureux d’avoir heurté une baleine en pleine mer», a ajouté le responsable, qui affirme que «le déclenchement précoce de la balise de détresse a été essentiel» pour permettre de secourir les quatre marins. «C’est un excellent rappel, dit-il, que bien se préparer avant de partir en mer peut vous sauver la vie.»
Cette croisière était «merveilleuse, merveilleuse, conclut Jeremy Cooper, avec juste une fin terrible, terrible – mais heureusement, aucune perte humaine».
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Fonte: Libération