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15h17

Certains policiers n’aiment pas qu’on leur rappelle leurs obligations. À Orléans, un membre des « forces de l’ordre » a répondu par l’insulte et la matraque à un conseiller municipal communiste. Ce jeudi 1er octobre au matin, Jonathan Bruneau, élu local et métropolitain s’est rendu au lycée Voltaire, du quartier populaire de La Source, afin d’aider les élèves. Avec des enseignants, « nous sommes allés discuter avec les policiers afin de protéger les gamins », témoigne à l’Humanité l’élu PCF, alors qu’il se rend à l’hôpital en vue de faire constater ses blessures. Un policier « m’a envoyé bouler. Je lui ai répondu qu’on ne pouvait pas parler de la sorte à un élu ». Le policier l’a alors pris par le cou pour lui signifier « tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres », rapporte le conseiller municipal. Ce dernier a alors demandé à l’agent quel était son RIO, son numéro d’identification. Pour seule réponse, un doigt d’honneur. 

Plus tard, un petit feu se déclare, que l’élu et les enseignants tentent d’éteindre, sans y parvenir, faute d’avoir accès à l’extincteur de l’établissement scolaire. Les policiers chargent. « On s’est mis en ligne de défense et nous leur avons demandé pourquoi ils passaient », raconte l’élu. Les policiers refusent de répondre, indiquant que de toute façon ils passeraient. Rien n’indiquait que c’était pour faire passer les pompiers. Le policier cité plus haut frappe l’élu avec sa matraque. L’élu tombe à la suite d’une balayette. Il reçoit un coup au thorax et un autre dans le dos. « Les enseignants sont intervenus afin de m’évacuer ». 

Comme ailleurs, à Orléans, les manifestants se plaignent « de classes surchargées, à 35 élèves par classe et réclament plus de professeurs et de moyens pour l’Éducation nationale », rapporte l’élu de 29 ans qui signale que certains « lycéens n’ont pas de professeur de français alors qu’ils passent le bac cette année ». 

15h11

Au Havre ou à Poissy, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des syndicalistes de la CGT effectuant une chaine humaine pour s’interposer entre lycéens et policiers.

14h43

Dans le même temps que le lancement du deuxième acte du mouvement lycéen, le Mouvement Jeunes Communistes de France lance ce 1er octobre des cahiers de doléances contre Parcoursup. Les témoignages recueillis seront rassemblés et analysés pour impulser des actions concrètes aux échelles locale et nationale.

« Face à un gouvernement qui campe sur ses positions concernant la plateforme d’admission post-bac, nous prenons le problème à bras-le-corps : une fois la parole recensée, l’idée est de mettre en place une solidarité active », soutient Nadja Cea, coordinatrice nationale du MJCF.

Le mouvement projette ainsi de déployer plusieurs initiatives. Dès le début de l’année 2027, au moment des premières phases de vœux au sein de la plateforme, les jeunes communistes organiseront des forums d’orientation pour accompagner les lycéens. Les projets futurs naîtront des témoignages.

« Les jeunes doivent avoir des perspectives d’avenir » : la jeunesse communiste lance des cahiers de doléances contre Parcoursup

14h39

Sur France Info, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet estime que Sébastien Lecornu se comporte en « pyromane » avec sa proposition de budget pour 2027. « Alors que nos lycées sont en feu, au sens propre comme figuré, le budget contient une provocation supplémentaire en installant des frais d’inscription pour les BTS et les étudiants en classe prépa », fustige-t-elle.

Frais d’inscription multipliés par 5, prêts étudiants… Les propositions indécentes des Assises de l’enseignement supérieur

14h33

Dans un communiqué, la Ligue des droits de l’Homme/droits humains souligne que « la seule réponse à cet engagement parfaitement légitime de jeunes citoyennes et citoyens a été la répression, des interventions violentes, des gardes à vue massives, dont des enfants de 14 ans ! »

La LDH « dénonce depuis plusieurs années un maintien de l’ordre brutal, qui ne respecte ni la liberté de manifestation ni la liberté d’expression ». « La mobilisation de cette jeunesse contre le manque de moyens et pour bénéficier d’une éducation effective doit trouver une réponse politique et non policière » poursuit l’association.

La LDH dénonce par ailleurs l’instruction du ministre de l’Intérieur selon laquelle « l’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre ». Cette instruction, selon la LDH, « donne une justification inadmissible à ces violences policières quand il aurait fallu au contraire appeler à la retenue, particulièrement s’agissant d’enfants. Cette répression brutale est contraire aux principes d’un État démocratique ».

La LDH annonce s’employer, avec ses partenaires, à documenter les violences commises, pour une saisine du Défenseur des droits.

Tuer sans être inquiété : le futur de la police en France ? Associations et collectifs se mobilisent

13h44

Sébastien Lecornu a demandé jeudi à ses ministres de renoncer à leurs déplacements dans les prochains jours en raison du mouvement de blocage mené par des lycéens, afin de laisser les préfets gérer la situation, a rapporté son entourage.

« Au regard de l’évolution de la mobilisation aux abords des lycées et universités, il est nécessaire d’annuler ou reporter ultérieurement vos VO (voyages officiels, NDLR) prévus cette semaine et en début de semaine prochaine, afin que les préfectures concentrent leurs moyens à la gestion de la situation » et non à ces déplacements, a écrit le premier ministre aux membres de son gouvernement. Une réunion interministérielle de crise se tient en ce moment au ministère de l’Intérieur.

La colère des lycéens va-t-elle être l’étincelle ?

Les lycéens continuent d’occuper et de bloquer de plus en plus d’établissements, ce jeudi, pour réclamer de meilleures conditions d’enseignement, le remplacement des professeurs absents et dénoncer l’état de délabrement de certains locaux.

Le mouvement de mobilisation ne cesse de s’étendre. Parti d’Île-de-France le 28 septembre, il gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a même reconnu, mercredi que la protestation faisait tache d’huile : 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi.

Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Aucune réponse n’a été apportée aux demandes d’une jeunesse qui voit son avenir se dégrader.

Dans l’impasse, le gouvernement voit désormais les facultés rejoindre le mouvement social. Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus étaient bloqués ce matin à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre. Ils ont appelé à rejoindre le blocus des lysées afin de revendiquer des moyens également pour l’enseignement supérieur et lancer une nouvelle journée commune de manifestation pour le mardi 6 octobre.

Le ministère de l’Éducation nationale parle de « troubles inédits » et ne donnait mercredi que les chiffres des blessés : 85 élèves et 34 personnels – soit 119 personnes – depuis le début du mouvement. Pas un mot sur les violences policières dont de multiples témoignages attestent pourtant.

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Fonte: L'Humanité

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