40 interpellations à la mi-journée
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14h58
Élèves au lycée Maurice-Genevoix, à Montrouge, Liloo, 17 ans, et Lucie, 16 ans, témoignent. « On a cours six jours sur sept. On n’a pas d’infirmière. Les élèves de première passent le bac de français, mais il n’y a pas de professeur de français : il n’a pas été remplacé. L’année dernière, c’était pareil : il n’y avait pas de professeur de français et c’était une grosse galère. Le midi, on a seulement vingt-cinq minutes pour manger. »
Les deux élèves font état de conditions d’études déplorables : « On doit rajouter des tables et des chaises dans les classes tellement elles sont surchargées. En BTS, ils sont parfois 45 par classe ; nous, on est 37 ou 38. Les ordinateurs ne fonctionnent pas. »
Encore adolescentes, elles se disent « déjà politisées. Notre lycée est très politisé, alors on a décidé de se mobiliser. Les professeurs nous suivent. Ce matin, on a aidé pour le blocus, puis on a rejoint la mobilisation. »
Pénurie de personnels, établissements insalubres, misère sociale… Les raisons de la colère lycéenne
14h45
Le ministère de l’Éducation nationale annonce que quarante interpellations ont été menées dans les lycées mobilisés à travers la France. Au moins dix personnes ont été blessées parmi les élèves et les personnels des établissements scolaires.
14h16
Vidéo
Le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a démenti, mardi, avoir allumé un feu de poubelle devant un lycée de son département. L’édile a dénoncé des « mensonges » après la diffusion de vidéos donnant lieu à des interprétations contradictoires sur son attitude lors du mouvement lycéen.
Sur l’une de ces vidéos tronquées – devenues virales -, on voit Bally Bagayoko s’écarter d’une poubelle enflammée, acclamé par les lycéens qui scandent son nom devant les grilles du lycée Bartholdi, à Saint-Denis. On le voit ensuite rejoindre une foule en liesse, avec laquelle il esquisse quelques pas de danse.
Une vidéo captée par l’Humanité montre l’entièreté de la séquence, où l’on aperçoit Bally Bagayoko éloigner la poubelle des grilles de l’établissement par sûreté. « Ma construction personnelle est le fruit de ça, des fake news, des mensonges, a réagi devant la presse Bally Bagayoko, venu soutenir des élèves devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis. Donc je n’ai pas de temps à perdre avec ça. »
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14h06
Le candidat pour la France insoumise (LFI) à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a pris la parole au pied du Cirque d’hiver, dans le centre de Paris. « Nous sommes fiers d’être aux portes des lycées, a lancé le chef de file des insoumis. Militants insoumis mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière. »
« Ceux qui s’attaquent aux enfants, laissent libre cours à leur racisme, vont bientôt nous retrouver sur leur chemin, a-t-il poursuivi. Il n’y aura ni oubli ni pardon. »
« Nous sommes prêts à gouverner » : à la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon galvanise ses troupes et se projette au pouvoir
14h04
Au milieu des bruits de pétard et des sirènes de pompiers, un pompier venu de la Drôme témoigne. En 21 ans de carrière, c’est la première fois qu’il participe à une grève nationale.
« Morts au feu, suicides, cancers » : les pompiers installent leur camp de la colère à Paris
« Cet été, nous avons connu des incendies hors de contrôle dans le Diois. Les canadairs ont tardé à venir parce qu’il était pris sur d’autres feux. C’est aussi pour cela qu’on manifeste aujourd’hui : ces situations ne peuvent pas continuer à se répéter. Il faut que le gouvernement nous entende, toute la population est derrière nous : ce matin dans le métro j’ai été applaudi avec mes collègues. Ça fait chaud au cœur mais là c’est de la solidarité de l’État dont on a besoin », témoigne-t-il.
13h53
Venu en soutien aux élèves et enseignants mobilisés, lycée Paul-Éluard (Saint-Denis), le député insoumis Éric Coquerel « a toujours considéré que la France insoumise avait à la fois une position dans les assemblées et un rôle de soutien aux luttes sociales et à la jeunesse ». L’élu se réjouit, auprès de l’Humanité, d’observer « de plus en plus de mobilisations de la jeunesse, sous des formes multiples ».
Éric Coquerel y voit « le reflet du fait que les jeunes sont à 40 % favorables à Jean-Luc Mélenchon » dans les sondages. L’élu explique cette politisation par la multiplicité des causes, de « la mobilisation pour la Palestine à la lutte contre le “permis de tuer” ».
Interrogé sur le budget prôné par Sébastien Lecornu, Éric Coquerel rappelle qu’il « n’y a rien » pour l’Éducation nationale. « Au contraire si l’on tient compte d’une inflation de 2 %, les budgets de l’Éducation vont baisser, fustige-t-il. Il n’y a pas un euro pour les plans d’urgence réclamés par les syndicats. »
Budget 2027 : « On essaie encore de nous faire peur avec la dette », dénonce Éric Coquerel
Salaires gelés, manque de personnels et de financements… Les services publics sont au bord de l’asphyxie et les fonctionnaires sont dans la rue, ce mardi 29 septembre, pour obtenir les moyens d’exercer dignement leur métier et de fournir un service de qualité aux usagers. Alors que le gouvernement prévoit une nouvelle cure d’austérité à 54 milliards d’euros pour le prochain budget, dont la copie doit être détaillée par Sébastien Lecornu jeudi en Conseil des ministres, l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA) des trois fonctions publiques appelle à la mobilisation. Un mouvement qui s’annonce important, avec 174 manifestations recensées à travers la France.
Les lycéens appellent également à manifester aux côtés de leurs professeurs. Malgré la répression assumée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, auxquels des élèves d’Île-de-France ont eu à faire face ces derniers jours, de nouveaux établissements seront bloqués dès ce début de matinée alors que l’Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à généraliser le mouvement. Et pour cause : tous personnels confondus, ce sont plus des deux tiers (69 %) des lycées et collèges où tous les postes n’étaient pas pourvus.
En grève depuis le 8 septembre et installés dans un camp de la colère sur le Champ-de-Mars depuis trois jours, les pompiers se joindront également aux cortèges de la journée. Manque d’effectifs, insuffisance d’équipements, perte de sens du métier mettent le système de secours français sous pression, martèlent-ils après un été dévastateur entre canicules, sécheresses et incendies.
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