Budget 2027 : Sébastien Lecornu double la mise avec 54 milliards d’euros d’économies… qui paiera la facture ?
Por Julia Hamlaoui — L'Humanité
Le premier ministre a renchéri, via un entretien au Figaro ce jeudi 17 septembre, son plan d’austérité passant de 30 à 54 milliards d’économies envisagées pour le budget 2027. Ultra-riches et grandes entreprises peuvent dormir tranquille, Sébastien Lecornu compte présenter la facture aux retraites, malades, parents, fonctionnaires, précaires, services publics… « Un scandale » pour la CGT, « potion amère » et « budget de classe » pour la gauche.
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Publié le 18 septembre 2026
Publié le 18 septembre 2026

Julia Hamlaoui
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© Grégoire CAMPIONE/REA
« Une copie offensive sur la réduction de la dépense publique », mais pas du tout un plan d’austérité. Sébastien Lecornu aime jouer sur les mots, son projet de budget 2027, dont il présente les grandes lignes dans un entretien au Figaro publié dans la soirée du jeudi 17 septembre, n’en est pas moins une potion des plus amères. Le premier ministre double la mise avec 54 milliards d’euros d’économies annoncées, contre la somme déjà énorme de 30 milliards initialement envisagée.
Agitant la menace de « coupes imposées et violentes » – les contribuables appelés à payer la facture apprécieront l’euphémisation par comparaison -, le locataire de Matignon avance toujours les mêmes justifications : « la cible de 4,8 % du PIB de déficit, hors nouvelle augmentation des dépenses militaires »… tout en maintenant les cadeaux aux ultra-riches et aux grands groupes, voire en en programmant de nouveaux.
« Un vrai budget violent d’austérité qu’il faut combattre »
En revanche, retraité, allocataire de différentes prestations sociale, collectivité, fonctionnaires, malades… paieront le prix fort. Le premier ministre propose pêle-mêle :
- 2,5 milliards d’économies sur le ministère du Travail (celui de l’Armée verra bien son budget augmenter),
- le gel du point d’indice des fonctionnaires,
- une hausse des dépenses des collectivités limitée à l’inflation,
- « des efforts sur les arrêts maladies » à hauteur de 2 milliards,
- 100 millions de coupe avec la réforme des ruptures conventionnelles,
- un « recentrage » de l’allocation de rentrée scolaire,
- le gel des pensions ou la suppression de l’abattement des retraités,
- le gel de certaines allocations comme les APL,
- la réduction de certaines allocations aux étrangers,
- la fiscalisation des indemnités liées aux arrêts de travail…
En revanche, pas de réforme fiscale pour une plus juste contribution des plus fortunés ni même une remise en cause du pacte Dutreil, à l’horizon. Et même, le premier ministre confirme la baisse de la surtaxe sur les entreprises pour la ramener de 8 à 5 milliards d’euros. Tant pis si la France est championne d’Europe des dividendes, avec 61 milliards d’euros empochés par les actionnaires entre avril et juin dernier.
« C’est un vrai budget violent d’austérité qu’il faut combattre », a réagi sur franceinfo Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT en charge de l’emploi, des retraites et du chômage. « C’est une baisse de salaire quand on a un gel du point d’indice (des fonctionnaires). Les salaires des fonctionnaires baissent en euros constants depuis des années. Pareil, (…), si les retraites ne bougent pas pendant que l’inflation augmente, eh bien c’est une baisse », ajoute alors que Sébastien Lecornu prétend que personne ne sera perdant. « Un scandale », dénonce également à propos du gel de l’indice la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet, qui rappelle que « depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16 % de pouvoir d’achat ». Une raison de plus de se mobiliser le 29 septembre prochain, estime la syndicaliste.
À gauche, le bilan revêt la même tonalité. « Encore un budget de casse sociale. Gel du point d’indice, économies sur les arrêts maladie, retraites et APL dans le viseur… mais 2,5 milliards de surtaxe en moins pour les grandes entreprises. En résumé : C’EST UN BUDGET DE CLASSE, fait par les riches, pour les riches », a fustigé le secrétaire national du PCF et candidat à la présidentielle, Fabien Roussel, sur X. « Un baroud d’honneur macroniste qui nous dirige droit dans le mur », résume pour sa part le président de la commission des Finances LFI, Éric Coquerel.
« 54 milliards d’euros d’effort budgétaire pesant indistinctement sur la population : les retraités “aisés”, les salariés malades, les fonctionnaires, les étrangers, les parents, les services publics, la quasi-totalité des ministères hors la défense etc. Et la justice fiscale ? Aux abonnés absents », détaille l’insoumis dont la formation a d’ores et déjà annoncé une censure en cas de recours au 49.3. Sur ce terrain, Sébastien Lecornu fait mine de renvoyer la balle : « La France insoumise fait de l’obstruction pour ensuite reprocher au gouvernement d’utiliser un 49.3 afin de surmonter l’obstruction. Je leur fais une proposition : qu’ils ne fassent aucune obstruction parlementaire. Il n’y aura ni 49.3, ni ordonnances, et à la fin, il y aura un vote », affirme le premier ministre dans le Figaro, se dédouanant des passages en force de la Macronie pourtant avérés.
Quant au PS qui avait accepté l’année dernière un accord de non-censure avec le gouvernement contre la suspension de la réforme des retraites, certains de ses représentants haussent la voix. « C’est tout bonnement insoutenable socialement, c’est irresponsable politiquement », a notamment réagi son porte-parole Arthur Delaporte.
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Budget 2027 : Sébastien Lecornu double la mise avec 54 milliards d’euros d’économies… qui paiera la facture ?
Fonte: L'Humanité