Emmanuel Macron n’écarte pas le recours à l’état d’urgence « si la situation le justifiait »
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13h21
Près de trois heures après son entrée à Matignon, Sophie Binet fustige l’absence « prise en compte des revendications » syndicales. Sortie de la réunion entre le gouvernement et les centrales syndicales, la secrétaire générale de la CGT a fustigé un gouvernement qui n’a « annoncé aucune mesure ».
« Le problème n’est pas la colère qui s’exprime (mais) la politique qui la provoque », a-t-elle par ailleurs rappelé. La CGT appelle donc les membres du syndicat « à enfiler leurs gilets rouges pour que les jeunes puissent revendiquer leurs droits » samedi 24 octobre. Sophie Binet en a aussi profité pour confirmer l’appel de l’intersyndicale à une grève généralisée le 5 novembre prochain.
Grève du 5 novembre : « La victoire est à notre portée », revendique Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT
13h10
Selon Emmmanuel Macron, « il faut savoir raison garder ». « Tout ce que je vous ai dit et qui permet de retrouver le calme depuis lundi n’a pas besoin de l’état d’urgence, a-t-il déclaré devant la presse le mercredi 21 octobre depuis le Qatar. Mais évidemment, si la situation le justifiait, il pourrait être pris. Mais l’objectif que nous poursuivons, c’est un retour au calme par la fermeté et les mesures d’ordre. »
Interdiction de manifester, couvre-feux, état d’urgence… Après le 17 octobre, la dangereuse tentation autoritaire
12h55
Lors de sa venue à Marseille pour rencontrer le maire de la ville, Gérald Darmanin a fait état de 2 500 gardes à vue en France, dont 917 personnes déférées avec poursuite pour être jugées en comparution immédiate. Ce nombre « tout à fait impressionnant a doublé, voire triplé », se félicite le ministre de la Justice devant la presse.
Il poursuit : « Tous les dépôts des tribunaux sont pleins. La justice est rendue avec fermeté » avec 174 incarcérations prononcées. Le garde des Sceaux annonce aussi la mise en place d’un « circuit dédié d’exécution des peines (…) afin que les gens exécutent leurs peines dans six mois dans un an, dans deux ans, mais le plus rapidement » possible.
12h35
Pour approfondir
Après les violences du 17 octobre, le gouvernement multiplie les accusations contre l’ « ultragauche », La France insoumise et plus généralement le mouvement social dans son ensemble pour éviter d’interroger sa propre responsabilité. Quitte à mentir pour discréditer toute opposition.
Une analyse à retrouver dans vos kiosques à journaux aujourd’hui et sur le site de l’Humanité :
Répression, accusations contre LFI, instrumentalisation de la police : les mensonges d’État sur le 17 octobre
12h01
« Ce qu’il s’est passé samedi dernier dans plusieurs villes du pays est inacceptable », a déclaré à la presse Emmanuel Macron à Doha, au Qatar, à l’issue de sa tournée de trois jours dans le Golfe destinée notamment à sécuriser des approvisionnements en carburant. « J’ai constaté ce qui s’était passé, j’ai demandé des clarifications et j’ai donné une feuille de route. »
Le président de la République appelle à la plus grande « fermeté ». Pour lui, les gens qui veulent semer le désordre dans les centres-villes samedi prochain, seront interdits de le faire. « En démocratie, il n’y a rien qui justifie la violence », poursuit-il. Le chef de l’État a également annoncé une réunion avec les services de renseignement sur le week-end passé et l’anticipation de mobilisations.
11h30
Ce mercredi 21 octobre, le parvis du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) est comble. 25 adolescents, dont deux du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, sont déférés devant le juge des enfants après 46 heures de garde à vue. « Cette décision est la preuve d’un acharnement que subissent nos jeunes depuis le début du mouvement », déplorent les personnels de Paul-Éluard dans un communiqué.
Entourée de ses collègues, une enseignante de ce lycée de Seine-Saint-Denis est venue soutenir ces jeunes. « Après de longues heures de garde à vue, les mineurs se sont retrouvés à dormir au dépôt du tribunal cette nuit. Nous sommes indignés », martèle-t-elle.
Alexis Durey, surveillant, dénonce une vendetta policière. « Nos élèves se font pourchasser jusqu’à leur détention. Pour exiger la fin de Parcoursup ou du 8h-18h, ces enfants subissent des coups de matraque, ils sont plaqués au sol et finissent fichés, égrène-t-il. La police cherche à semer la terreur ».
La porte-parole de Révolution permanente, Elsa Marcel, dénonce elle aussi la violence des autorités lors des interpellations. Un élève a notamment été percuté par une voiture de police. « La BAC lui aurait délibérément foncé dessus. Couverte de bleus, la victime aurait aussi été insultée à de nombreuses reprises. C’est comme cela que l’on traite un enfant ? », tempête-t-elle.
Une autre jeune fille lui a aussi rapporté qu’elle aurait été menottée brutalement dans le dos et allongée face contre terre au beau milieu de gaz lacrymogène. « Ces enfants ont eu peur pour leur vie », ajoute Elsa Marcel.
Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.
Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que quatre nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche les boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.
Dans un communiqué, la CGT a dénoncé « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé·es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a estimé, mardi sur France Inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.
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Fonte: L'Humanité