« Ceux qui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue n’ont qu’un but : abîmer la république » : ce qu’il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron

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Por Anthony Cortes — L'Humanité

Au lendemain d’une journée de mobilisation émaillée par des violences et des scènes de pillages, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français à l’occasion d’une allocution ce dimanche 18 octobre.

Politique

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Publié le 18 octobre 2026

Publié le 18 octobre 2026

Anthony Cortes

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Lors de son allocution, Emmanuel Macron n’a fait aucune vraie annonce.
© Ludovic MARIN / AFP

Parler pour ne rien dire. Depuis le palais de l’Élysée, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est adressé aux Français ce dimanche 18 octobre, au lendemain d’une journée de mobilisation suivie par près de 800 000 personnes à travers le pays, mais émaillée par des violences et des dégradations.

Décrivant un « moment d’une extrême gravité », il a pointé la responsabilité de « factieux de groupuscules d’ultra-gauche rejoints par de nombreux délinquants » pour laisser libre cours à une « violence débridée ». « Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l’office de tourisme de Lyon ? Qu’ont-ils dans la tête ? », s’est-il interrogé, la mine grave, ajoutant que « rien ne l’explique, rien ne l’excuse ».

Le chef de l’État a ensuite adressé son soutien aux « forces de sécurité », « aux maires », « aux nombreux commerçants et artisans aujourd’hui dans le désarroi », précisant par la même occasion l’ouverture d’une cellule de crise, dès ce lundi 20 octobre, pour « mobiliser toutes les aides rapides possibles ». D’autre part, le président a glissé que la « plus grande fermeté a été demandée aux procureurs par le Garde des Sceaux (…) Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser ».

« Je comprends leurs inquiétudes »

Le président de la République a par ailleurs appelé les « partis et syndicats » à la « responsabilité » en condamnant les violences. Et de s’adresser aux Français : « Ceux qui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue et créer le désordre n’ont qu’un but : abîmer la république et voler le débat. Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois ». « Je veux donner une méthode claire », a-t-il continué, annonçant que « les préfets prendront les décisions en lien avec les maires pour protéger nos villes, bâtiments publics, commerces, jusqu’à interdire certains rassemblements ».

Emmanuel Macron a cependant tenu à ne pas confondre les manifestants avec « ceux qui ont pillé ». « Je comprends leurs inquiétudes », a-t-il même déclaré, mentionnant le coût de la vie et le prix du carburant, soulignant qu’elles s’expriment aussi « ailleurs en Europe ». Une façon de s’exonérer de toute responsabilité dans la gestion de cette crise.

Il a aussi eu un mot pour « notre jeunesse » qui, depuis plusieurs semaines, « exprime son inquiétude, une angoisse profonde, sur l’avenir, leurs conditions de vie et d’étude et leur capacité à s’orienter ». « Leur parole doit être entendue », a-t-il poursuivi, renvoyant à la plateforme démocratique mise en place par le ministère de l’Éducation nationale pour recueillir les doléances des lycéens. Comme une impression de déjà-vu. À la suite du mouvement des Gilets jaunes, des cahiers de doléances et des grands débats avaient été organisés. Sans que les demandes ne soient pour autant entendues.

La gauche appelle à amplifier le mouvement

« En 8 minutes 30, il aurait pu appeler au calme ET apporter des réponses aux jeunes, aux salariés, aux retraités, contre la vie chère. Mais rien, a immédiatement réagi Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle. Alors, on continue. Dans le calme et avec détermination. Sans attendre la présidentielle ». « J’aurais aimé un mea culpa », a de son côté confié Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et candidate à l’Élysée.

« L’intervention d’Emmanuel Macron est très inquiétante, a publié, sur X, Bruno Retailleau, candidat LR. Le Président de la République apparaît totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’État à la chienlit qui menace la République. Je lui demande solennellement de prendre ses responsabilités et de décréter l’état d’urgence pour protéger les Français ».

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« Ceux qui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue n’ont qu’un but : abîmer la république » : ce qu’il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron

Fonte: L'Humanité

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